Accueil En Continu An 7 de l’affaire des « femmes tuées à Abobo » en pleine...

An 7 de l’affaire des « femmes tuées à Abobo » en pleine controverse à la Cpi.

Expert sur les femmes tuées à Abobo
L'Expert lors de son témoignage sur l'affaire des "femmes tuées à Abobo"

© direct225.com – Lundi 5 mars 2018 15h10 | Dernière mise à jour 20h02.

La commémoration de l’an 7 des « femmes tuées à Abobo », relance la polémique sur une affaire pendante à la Cpi au moment où la procureure Fatou Bensouda est invitée à déposer ses conclusions. La division des Ivoiriens reprend son cours, après la solidarité constatée ce week-end autour du petit Bouba, enfant de 4 ans, enlevé et tué pour un sacrifice rituel.Abobo celebration direct225

La ministre ivoirienne de la femme, de la protection de l’enfant et de la solidarité Mariatou Koné a présidé dimanche à Abobo une cérémonie de commémoration de l’an 7 de cette tumultueuse page de l’histoire de la Côte d’Ivoire.
En réaction à cette commémoration, des organisations de la société civile viennent de lancer une Pétition pour une commémoration unique de toutes les victimes de la crise postelectorale.

L’on se souvient également que le professeur néerlandais Até Kloosterman, spécialiste en ADN à l’institut medico légal des Pays Bas (NFI) a donné son témoignage le lundi 29 mai 2017 en qualité de témoin à charge contre Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, à la cour pénale internationale (CPI).

L’expert a été interrogé sur un rapport d’analyse ADN de 16 victimes non identifiées et des échantillons de 12 parents de 6 portés disparus en rapport avec la marche des femmes à Abobo du 3 mars 2011.

Questionné par la défense sur l’analyse d’un tee-shirt d’une présumée victime de la marché évoquée transmis au NFI par les enquêteurs de la CPI pour analyse afin de déterminer la présence de trace sang et de corroborer un probable lien avec les femmes qui auraient été tuées par balle à Abobo, son rapport a conclu, à la surprise générale, qu’il n’y avait pas de sang humain sur le tee-shirt en question.

«Nous avons fait des tests pour déterminer s’il y avait des traces de sang, nous avons des taches suspicieuses sur le tee-shirt et nous avons effectué des tests pour déterminer si c’était du sang et tous les tests étaient négatifs» a déclaré le témoin du jour.
Sa réponse qualifiée d’ «importante» par Maitre Knops, avocat de l’ancien président, a fait l’objet de commentaires divers sur les réseaux sociaux, donnant même lieu à de la dérision.

« L’épisode du massacre des femmes d’Abobo est, depuis 6 ans, l’objet d’une formidable désinformation. Ce story-telling de la manipulation, des fausses victimes, des corps hybrides, du sang de bœuf amené par seaux, est une vieille histoire qui ressurgit de temps en temps. » écrira d’ailleurs un confrère qui recommande la prudence sur ce dossier dans lequel les partisans de Laurent Gbagbo parlent d’un grossier montage tandis que les partisans de son adversaire Alassane Ouattara continuent de commémorer ces « martyres ».

L’expert a insisté sur la rigueur des analyses de son laboratoire. «Nous avons soigneusement analysé le tee-shirt qui nous a été apporté et présenté comme appartenant à l’une des victimes (de la marche des femmes d’Abobo, le 3 mars 2011. Ndlr)» a-t-il précisé comme pour mettre en difficulté le régime d’Abidjan et l’accusation dont il est le témoin.

Au troisième jour de son témoignage devant la Chambre 1 de la CPI, le mercredi 9 novembre 2017, le général Firmin Detoh Letoh, commandant des forces terrestres à l’époque des faits, et dont la déposition était capitale pour l’accusation, a été interrogé sur l’affaire des « femmes tuées à Abobo ». Après avoir documenté le bombardement des positions de l’armée ivoirienne à Akouédo par l’aviation de l’opération Licorne de l’armée française en avril 2011, et par ailleurs abordé les exactions commises par les ex-Forces armées des Forces nouvelles (FAFN) de Guillaume Soro, l’officier général dira de cet évènement :

« Nous étions au même niveau d’informations, quand nous avons appris qu’une marche serait réprimée à Abobo et qu’il y aurait eu sept femmes qui auraient été tuées. Personne ne sait si c’étaient nos hommes qui étaient responsables de ces tueries, alors qu’ils n’ont pas bougé. »

« Chaque fois, je me suis interrogé sur ce dossier pour savoir où est-ce que la marche a eu lieu précisément. Quand vous prenez par la Casse, en passant par Filtisac, pour arriver à Abobo, le premier grand carrefour, c’est le point Anador et nos éléments n’y étaient pas. Quand on arrive à Abobo, devant la mairie, nos éléments qui y étaient ne pouvaient pas être là-bas. Donc, tous les éléments d’Abobo, depuis plus de deux semaines, se trouvaient dans le camp commando d’Abobo. A ce moment, à Abobo, nous n’avions personne au dehors, je le confirme et je le maintiens. Si d’autres sont venus, là je n’en sais rien. Ce ne sont pas nos hommes. Ils ne pouvaient pas sortir d’Abobo. »

Le mystère semble rester entier sur cette affaire des « femmes tuées à Abobo ».

PARTAGES

RÉAGIR

Prière de laisser votre commentaire
Prière de saisir votre nom ici